Zibeline – Passionaria

Zibeline – Passionaria

Passionaria

Avec son titre digne d’un roman de gare ou de série rose, Iji Capitana n’est pas un livre vers lequel on aurait envie de se pencher. Et pourtant, trompeuses apparences, cette biographie étoffée d’Eisa Osorio, traduite de l’espagnol d’Argentine, cache en tait un roman complexe où les voix narratives se mêlent, celle de l’auteur, à la première personne, qui évoque cer­taines étapes de sa quête de documents, de sources, ainsi que ses rencontres; celle de Mika, à la première personne lorsque le récit à la troisième s’emballe et que le discours indirect libre ne suffit plus ; les différents personnages sont ainsi menés, entre narration des faits et approche subjective des événements. Par la grâce de cette écriture, les erres prennent chair, authenticité. Micaela Feldman de Etchebéhère, née en Argentine, en Patagpnie pour être plus exact, est un personnage historique. Sa vie mouvementée, toujours à la pointe des mouvements progressistes de son temps, ses enga­gements (superbes pages sur la guerre d’Espagne), son militantisme, ses luttes, son extraordinaire capacité pour s’intéresser à tout, sa culture, son amour de la liberté, sa droiture, en font un personnage de roman, sans oublier l’amour pour Hippolko, «Hippo», compa­gnon de toute sa vie, même si la maladie le lui arrache trop tôt. Un livre qui se dévore, une belle manière de replonger dans l’histoire du XXe siècle, qui fut aussi faite par des femmes… Vivifiant ! M.C